Guide complet

Rétrofit électrique : convertir votre véhicule thermique en électrique

Prix, aides financières, processus technique, acteurs du marché et lien avec les ZFE. Tout ce qu'il faut savoir avant de franchir le pas du rétrofit automobile en France.

IRVE
Certifié Qualifelec
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48h
Délai d'intervention

En résumé

à partir de 8 000 € (hors aides)
  • Le rétrofit électrique est légal en France depuis avril 2020 (arrêté du 13 mars 2020).
  • Coût : de 8 000 € (citadine) à 35 000 € (utilitaire), avec des aides jusqu'à 11 000 €.
  • Le véhicule obtient la vignette Crit'Air 0 et circule librement en ZFE.
  • Autonomie après conversion : 80 à 300 km selon le véhicule et la batterie.
  • La recharge fonctionne comme un VE classique : domicile, borne publique ou rapide.

Qu'est-ce que le rétrofit électrique ?

Le rétrofit électrique consiste à remplacer le moteur thermique d'un véhicule existant par un moteur électrique alimenté par batteries. Le châssis, la carrosserie et l'habitacle du véhicule sont conservés : seul le groupe motopropulseur est transformé.

Depuis l'arrêté du 13 mars 2020, cette pratique est légalement encadrée en France. La conversion doit être réalisée par un installateur agréé utilisant un kit homologué, et le fabricant du kit assume la responsabilité de l'intégrité du véhicule transformé.

Véhicules éligibles

  • Voitures particulières et utilitaires : immatriculés depuis plus de 5 ans.
  • Motos, scooters, 2/3 roues : en circulation depuis plus de 3 ans.
  • Poids lourds, bus, autocars : immatriculés depuis plus de 5 ans.

Le véhicule ne doit pas déjà être électrique, et un kit homologué doit exister pour le modèle concerné. Les types de conversion autorisés sont l'électrique à batterie et l'hydrogène (pile à combustible).

Combien coûte un rétrofit électrique ?

Le prix du rétrofit varie considérablement selon le type de véhicule, la capacité de batterie souhaitée et le rétrofiteur choisi.

Type de véhicule Fourchette de prix Autonomie moyenne
Citadine (Twingo, Fiat 500) 8 000 — 15 000 € 80 — 200 km
Berline / SUV 15 000 — 20 000 € 200 — 300 km
Véhicule de collection 15 000 — 30 000 €+ 100 — 250 km
Utilitaire léger (VUL) 20 000 — 35 000 € 200 — 465 km
Poids lourd / bus 130 000 — 220 000 € Variable

Pour une analyse détaillée des coûts avec des exemples concrets et des comparaisons avec l'achat d'un véhicule électrique neuf, consultez notre guide complet des prix du rétrofit.

Aides financières et primes au rétrofit électrique

L'État et les régions proposent des aides significatives pour réduire le coût du rétrofit. Le barème applicable depuis le 2 décembre 2024 conditionne le montant de la prime au revenu fiscal de référence par part.

Voitures
jusqu'à 5 000 €

Prime État pour les ménages modestes (RFR ≤ 7 500 €/part). 1 500 € pour les revenus intermédiaires.

Camionnettes
jusqu'à 8 000 €

40 % du coût de la conversion pour les particuliers. 1 500 € pour les entreprises.

Île-de-France
jusqu'à 6 000 €

Aide régionale cumulable avec la prime État, dans la limite de 50 % du coût total.

Le cumul des aides peut couvrir jusqu'à 50 % du coût total de la conversion. Notre guide des aides au rétrofit détaille les barèmes par tranche de revenus, les aides régionales disponibles et un exemple de calcul concret.

Comment se déroule la conversion ?

La conversion d'un véhicule thermique en électrique suit un processus en trois étapes principales, réalisé intégralement par un rétrofiteur agréé.

1

Retrait du thermique

Démontage du moteur, réservoir, échappement, radiateur et composants associés. Le châssis et la carrosserie sont conservés intacts.

2

Installation électrique

Montage du moteur électrique, des batteries (LFP ou NMC), du BMS, du chargeur embarqué et du système AVAS (avertisseur piétons).

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Homologation

Tests de sécurité, vérification de conformité, mise à jour de la carte grise et contrôle technique dans les 6 mois.

Pour le détail de chaque étape, les composants installés et les types de batteries utilisées, consultez notre article comment rétrofiter sa voiture étape par étape.

Autonomie et recharge après rétrofit

L'autonomie d'un véhicule rétrofité dépend du poids du véhicule, de la capacité de la batterie installée et du style de conduite. Les batteries Lithium Fer Phosphate (LFP), de plus en plus utilisées en rétrofit, offrent une durée de vie de 3 000 à 6 000 cycles et peuvent être chargées à 100 % sans dégradation.

La recharge fonctionne exactement comme pour un véhicule électrique neuf :

  • Prise domestique : recharge lente (8 à 12 h pour une charge complète).
  • Borne accélérée : 3 à 6 h selon la puissance (7 à 22 kW).
  • Borne rapide : 80 % en 36 min pour les véhicules équipés (ex : Qinomic K0).

Le coût de recharge est de 2 à 3 € pour 100 km, contre 6 à 8 € en carburant. Pour optimiser la recharge à domicile, l'installation d'une borne de recharge est fortement recommandée.

Rétrofit et ZFE : la solution pour les véhicules anciens

Avec 43 agglomérations françaises dotées d'une Zone à Faibles Émissions, environ 5 millions de véhicules Crit'Air 3 et plus sont menacés d'interdiction de circulation. Paris interdit les Crit'Air 3 depuis janvier 2025, Lyon depuis début 2025, et les restrictions se durcissent dans toutes les métropoles.

Le rétrofit électrique offre une alternative à la mise au rebut : après conversion, le véhicule obtient la vignette Crit'Air 0 et circule librement dans toutes les ZFE sans restriction. C'est une solution particulièrement pertinente pour les propriétaires qui ne peuvent pas se permettre l'achat d'un véhicule électrique neuf.

Pour un panorama complet des ZFE et de l'impact sur votre véhicule, consultez notre article rétrofit et ZFE : continuer à rouler avec votre véhicule ancien ainsi que notre guide des ZFE et véhicule électrique.

Les acteurs du rétrofit en France

Le marché du rétrofit en France est structuré autour d'une dizaine d'acteurs spécialisés, regroupés au sein de l'association AIRe (Acteurs de l'Industrie du Rétrofit électrique).

Rétrofiteurs actifs en France

Acteur Spécialité Modèles
REV Mobilities Véhicules vintage Fiat 500, Porsche 912, Mini, Jaguar
Qinomic Utilitaires légers Peugeot Expert, Citroën Jumpy, Opel Vivaro
Transition-One Citadines grand public Fiat 500, Twingo 2, Clio 3, Kangoo 2
NOIL 2/3 roues Scooters, Solex, Peugeot 103
e-NEO Poids lourds, hydrogène Camions, véhicules spéciaux
Méhari Club Cassis 2CV et dérivés Citroën 2CV, Méhari

Un marché encore fragile

Le secteur a été ébranlé par les faillites successives de Lormauto (mai 2025) et TOLV (décembre 2025), deux acteurs pourtant prometteurs. Le modèle économique reste difficile sur le segment des véhicules courants. Les acteurs qui résistent se positionnent sur des niches : véhicules de collection (REV Mobilities), flottes professionnelles avec fort soutien industriel (Qinomic avec Stellantis) ou segments spécifiques (2 roues, poids lourds).

Assurance, garantie et contrôle technique

Après un rétrofit, le véhicule est considéré comme un nouveau véhicule sur le plan administratif :

  • Carte grise : mise à jour obligatoire avec le changement d'énergie.
  • Assurance : nouveau contrat adapté. Les principaux assureurs (Groupama, MMA, Allianz) couvrent les véhicules rétrofités. L'assurance VE est en moyenne 100 €/an moins chère.
  • Garantie : variable selon le rétrofiteur — de 2 ans (Transition-One) à 8 ans/160 000 km sur la batterie (Qinomic via Stellantis).
  • Contrôle technique : obligatoire dans les 6 mois suivant la conversion, puis tous les 2 ans.

Le rétrofit dans l'économie circulaire automobile

Le rétrofit s'inscrit pleinement dans une logique d'économie circulaire. Plutôt que de détruire un véhicule fonctionnel pour en fabriquer un neuf, la conversion prolonge sa durée de vie tout en éliminant ses émissions directes.

L'argument écologique est fort : la fabrication d'un véhicule neuf génère plusieurs tonnes de CO₂. En conservant le châssis et la carrosserie existants, le rétrofit évite cette empreinte carbone de fabrication. Les composants thermiques retirés (moteur, réservoir, échappement) peuvent être recyclés ou revendus comme pièces de réemploi.

Certains rétrofiteurs comme Carwatt vont encore plus loin en utilisant des batteries de seconde vie issues de véhicules électriques en fin de première utilisation, réduisant encore l'impact environnemental.

Le lien avec l'infrastructure de recharge

Un véhicule rétrofité nécessite la même infrastructure de recharge qu'un véhicule électrique neuf. L'installation d'une borne de recharge à domicile est la solution la plus pratique pour un usage quotidien. InterElec, en tant qu'électricien IRVE certifié, accompagne les propriétaires de véhicules électriques — neufs ou rétrofités — dans le dimensionnement et l'installation de leur infrastructure de recharge.

En cas de problème électrique sur un véhicule converti, nos électriciens automobile disposent des outils de diagnostic calculateur adaptés pour intervenir sur les systèmes électriques et électroniques des véhicules modifiés.

Tout savoir sur le rétrofit électrique

Combien coûte un rétrofit électrique ?

Le prix d'un rétrofit électrique varie de 8 000 à 20 000 € pour une citadine, 20 000 à 35 000 € pour un utilitaire et 130 000 à 220 000 € pour un poids lourd. Les aides de l'État et des régions peuvent couvrir jusqu'à 50 % du coût total.

Quels véhicules peuvent être rétrofités ?

Les voitures particulières et utilitaires immatriculés depuis plus de 5 ans, les motos et scooters de plus de 3 ans. Le véhicule ne doit pas déjà être électrique et un kit homologué doit exister pour le modèle concerné.

Le rétrofit est-il légal en France ?

Oui, depuis l'arrêté du 13 mars 2020 publié au Journal officiel le 3 avril 2020. La conversion doit être réalisée par un installateur agréé avec un kit homologué, suivie d'une mise à jour de la carte grise.

Quelle autonomie après un rétrofit électrique ?

L'autonomie dépend du véhicule et de la capacité batterie installée : 80 à 150 km pour une petite batterie, 150 à 300 km pour une batterie moyenne, jusqu'à 465 km en cycle urbain pour certains utilitaires (Qinomic K0 avec 75 kWh).

Un véhicule rétrofité peut-il circuler en ZFE ?

Oui. Après conversion électrique, le véhicule obtient la vignette Crit'Air 0 et peut circuler librement dans toutes les Zones à Faibles Émissions de France, sans restriction horaire ni limitation.

Quelles aides financières pour le rétrofit électrique ?

La prime de l'État va jusqu'à 5 000 € pour les voitures (selon le revenu fiscal) et 8 000 € pour les camionnettes. S'y ajoutent les aides régionales : jusqu'à 6 000 € en Île-de-France. Le cumul peut atteindre 50 % du coût total.

Quelle est la différence entre rétrofit et achat d'un véhicule électrique neuf ?

Le rétrofit conserve votre véhicule existant en remplaçant le moteur thermique par un moteur électrique. C'est moins cher qu'un VE neuf, plus écologique (pas de fabrication d'un nouveau véhicule) et permet de garder un véhicule auquel on est attaché. En revanche, l'autonomie est généralement inférieure à celle d'un VE neuf.

Faut-il une borne de recharge spéciale pour un véhicule rétrofité ?

Non, un véhicule rétrofité se recharge comme n'importe quel véhicule électrique : prise domestique, borne accélérée ou borne rapide (si le véhicule est équipé). L'installation d'une borne à domicile est recommandée pour un usage quotidien confortable.

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Nos techniciens certifiés IRVE interviennent rapidement pour votre borne de recharge ou votre véhicule.