Borne de recharge

Norme IRVE : ce qu'exige vraiment une installation de borne conforme

Il n'existe pas une « norme IRVE » mais trois textes qui se combinent : un décret sur la qualification, la NF C 15-100 pour l'installation, les normes produit pour la borne. Ce qui est réellement obligatoire, et quand le Consuel s'impose.

InterElec
11 min de lecture
Norme IRVE : ce qu'exige vraiment une installation de borne conforme

Norme IRVE : ce qu'exige vraiment une installation de borne conforme

« Norme IRVE » est une expression commode, mais il n'existe pas une norme portant ce nom. Une installation de borne de recharge conforme résulte de la rencontre de trois textes de nature différente : un décret qui impose une qualification à l'installateur, une norme électrique qui fixe les règles de l'installation, et une norme produit qui définit le fonctionnement de la borne elle-même.

Cette page démêle ces trois plans, précise ce qui est réellement obligatoire, et répond à la question qui revient le plus souvent : faut-il un Consuel pour une borne de recharge ? Elle s'adresse aussi bien aux particuliers qu'aux syndics et aux gestionnaires de sites.

Les trois textes qui encadrent une installation IRVE

Texte Nature Ce qu'il impose
Décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 Réglementation française Qualification IRVE obligatoire de l'installateur au-delà d'un certain seuil de puissance
NF C 15-100, partie 7-722 Norme d'installation électrique Circuit dédié, protections, mise à la terre, section des conducteurs
IEC / NF EN 61851 et 62196 Normes produit Modes de charge, connecteur Type 2, dialogue borne-véhicule

Un installateur peut être parfaitement qualifié et poser une borne non conforme s'il néglige la partie 7-722. À l'inverse, une installation techniquement irréprochable réalisée sans qualification IRVE reste non conforme au regard du décret — avec des conséquences très concrètes sur les aides et l'assurance.

La qualification IRVE : quand est-elle obligatoire ?

Le décret de 2017 pose un seuil clair : au-delà de 3,7 kW, l'installation d'un point de recharge doit être réalisée par un professionnel titulaire d'une qualification IRVE. En dessous de ce seuil — typiquement une prise renforcée de type Green'Up, autour de 3,2 kW — la qualification n'est pas exigée, même si l'intervention reste soumise à la NF C 15-100.

Ce seuil explique une bonne partie du marché : une prise renforcée est moins contraignante à installer, mais elle plafonne à environ 16 A. Une nuit complète y délivre à peine de quoi couvrir un usage quotidien moyen, et elle ne convient pas aux véhicules à grande batterie. C'est un compromis, pas une solution équivalente.

La qualification est délivrée par des organismes accrédités, principalement Qualifelec (mention IRVE) et AFNOR Certification, après formation et audit de l'entreprise. Elle se décline en trois niveaux :

Niveau Périmètre
P1 Bornes jusqu'à 22 kW, sans configuration ni communication : le cas d'une borne domestique simple
P2 Bornes jusqu'à 22 kW avec communication, supervision et pilotage de puissance : copropriétés, entreprises, parcs supervisés
P3 Recharge rapide en courant continu, au-delà de 22 kW

Un point rarement expliqué : la qualification appartient à l'entreprise, la formation à la personne. Demander « êtes-vous qualifié IRVE ? » ne suffit pas — demandez le certificat en cours de validité, avec sa mention et sa date d'expiration. Les mentions « agréé IRVE » ou « certifié IRVE » n'ont pas de définition réglementaire propre : seul le certificat fait foi.

Pourquoi la qualification ne se contourne pas

Trois conséquences très concrètes découlent d'une pose non qualifiée au-delà de 3,7 kW :

  • Aucune aide financière. Le crédit d'impôt, la prime ADVENIR et les subventions locales exigent tous une facture d'un installateur qualifié IRVE. Sans certificat, le dossier est rejeté.
  • Risque sur l'assurance. En cas de sinistre d'origine électrique, l'assureur peut opposer la non-conformité de l'installation et réduire, voire refuser, sa prise en charge.
  • Risque à la revente. Un diagnostic électrique ou une expertise peut relever l'anomalie et bloquer une transaction.

Ce qu'impose la NF C 15-100 pour un point de charge

La partie 7-722 de la NF C 15-100 traite spécifiquement de l'alimentation des véhicules électriques. Ses exigences structurantes sont les suivantes.

Un circuit dédié par point de charge. La borne ne partage sa ligne avec aucun autre usage. Pas de dérivation depuis une prise existante, pas de mutualisation avec l'éclairage du garage.

Une protection dédiée par point de charge. Chaque borne dispose de son propre disjoncteur, calibré selon la puissance, et de son propre dispositif différentiel. Mutualiser le différentiel entre deux bornes n'est pas admis.

Une protection différentielle adaptée au courant continu. C'est le point technique le plus important et le plus souvent mal traité. Un véhicule en charge peut injecter une composante continue capable d'aveugler un différentiel classique de type A, qui ne déclencherait alors plus en cas de défaut. Deux montages sont conformes :

  • un différentiel de type B, qui détecte les défauts alternatifs et continus — solution robuste mais coûteuse ;
  • un différentiel de type A associé à une détection de courant continu résiduel de 6 mA (dispositif RDC-DD), fonction que de nombreuses bornes intègrent aujourd'hui d'usine.

La seconde solution est la plus répandue, mais elle n'est valable que si la borne intègre effectivement cette détection : c'est à vérifier sur la fiche technique, pas à supposer. Une borne sans détection 6 mA DC placée derrière un simple type A constitue une non-conformité.

Une section de conducteurs cohérente. Elle dépend du courant, de la longueur de la liaison et du mode de pose. À titre indicatif, une borne de 7,4 kW en monophasé (32 A) demande couramment du 6 mm² sur une distance courte, et davantage dès que la liaison s'allonge, pour contenir la chute de tension. C'est un calcul, pas un tableau universel — et c'est précisément ce que l'étude technique préalable établit.

Une mise à la terre vérifiée. La valeur de la prise de terre est mesurée avant la pose. Une terre absente ou dégradée interdit l'installation en l'état : c'est une cause fréquente de travaux complémentaires découverts en cours de chantier lorsque l'étude n'a pas été faite.

Une tenue à l'environnement. En extérieur, la borne doit résister à l'eau, aux poussières et aux chocs, ce qui se traduit par des indices IP et IK adaptés à son emplacement — un point d'attention particulier dans les parkings collectifs et sur les emplacements accessibles au public.

Faut-il un Consuel pour une borne de recharge ?

C'est la question qui revient le plus souvent, et la réponse est « dans la plupart des cas, non ».

L'attestation de conformité visée par le Consuel est requise lorsqu'une installation électrique est neuve, ou lorsque le branchement est modifié — par exemple en cas de raccordement nouveau ou d'augmentation de la puissance de raccordement nécessitant l'intervention d'Enedis. Ajouter un circuit de recharge à une installation existante, sans toucher au branchement, ne déclenche pas cette obligation.

Le Consuel redevient nécessaire dans plusieurs situations fréquentes :

  • construction neuve intégrant un point de charge ;
  • rénovation totale de l'installation électrique ;
  • augmentation de la puissance de raccordement pour absorber la borne ;
  • création d'un point de livraison distinct, cas courant en copropriété pour une infrastructure collective.

Dans les autres cas, ce que vous devez exiger en fin de chantier n'est pas un Consuel mais un dossier de fin de travaux : attestation de conformité de l'installateur, certificat de qualification IRVE en cours de validité, fiche technique de la borne, rapport des tests de mise en service et mesure de la prise de terre. Ce sont ces pièces qui servent aux dossiers d'aides et à l'assurance.

Modes de charge : pourquoi le mode 3 est la référence

La norme IEC 61851 distingue quatre modes de charge. Les connaître évite de comparer des solutions qui ne jouent pas dans la même catégorie.

Mode Description Usage
Mode 1 Prise domestique sans dispositif de sécurité dédié À proscrire pour un véhicule électrique
Mode 2 Câble avec boîtier de contrôle intégré, sur prise domestique ou renforcée Dépannage, appoint, ~2,3 à 3,7 kW
Mode 3 Borne dédiée, connecteur Type 2, dialogue permanent avec le véhicule La solution de référence, 7,4 à 22 kW
Mode 4 Recharge en courant continu, conversion dans la borne Charge rapide, itinérance, flottes

Le mode 3 n'est pas seulement plus puissant : il établit un dialogue continu entre la borne et le véhicule, qui vérifie la continuité de terre, négocie le courant admissible et interrompt la charge en cas d'anomalie. C'est ce dialogue, absent des modes 1 et 2, qui constitue l'essentiel de la sécurité.

Les non-conformités que nous rencontrons le plus souvent

Sur les installations existantes que nous auditons ou reprenons, cinq défauts reviennent constamment :

  • Borne raccordée sur un circuit partagé, souvent une ligne de prises de garage existante.
  • Différentiel de type A sans détection 6 mA DC, alors que la borne n'intègre pas la fonction.
  • Section de câble sous-dimensionnée sur une longue liaison, avec échauffement et chute de tension.
  • Prise de terre jamais mesurée, parfois inexistante dans les constructions anciennes.
  • Aucun document de fin de chantier, ce qui rend impossible toute demande d'aide a posteriori.

Les quatre premiers sont des risques de sécurité. Le cinquième est un risque financier — et il est irrattrapable une fois les travaux payés.

Ce que fait InterElec

Nos techniciens sont qualifiés IRVE et Qualifelec. Chaque chantier commence par une étude technique — mesure de la puissance disponible, contrôle du tableau, vérification de la terre, calcul de la section — et se termine par les tests de mise en service et la remise du dossier de conformité complet.

Nous réalisons également des audits de conformité sur installations existantes, y compris posées par un tiers, et les mises en conformité qui en découlent. Retrouvez notre approche sur la page électricien IRVE, le détail de l'installation de borne de recharge, et pour les infrastructures collectives, nos guides copropriété et entreprise.

Sur le volet exploitation, la conformité électrique se prolonge par le pilotage : consultez notre guide de la supervision et du délestage dynamique et notre présentation du protocole OCPP.

InterElec

InterElec

Spécialiste borne de recharge et électricien automobile. Certifiés IRVE, Qualifelec. Retrouvez nos conseils et guides pratiques sur le blog.

Partager :

Besoin d'un devis gratuit ?

Nos techniciens certifiés IRVE interviennent rapidement pour votre borne de recharge ou votre véhicule.

Demander un devis 07 56 92 97 95 Réponse sous 24h · Devis gratuit