Guide technique · électricien qualifié IRVE

Quel disjoncteur pour une borne de recharge ?

Le calibre du disjoncteur se déduit du courant nominal de la borne, et c'est la partie simple. Le vrai sujet est ailleurs : le type de différentiel. C'est le point sur lequel nous reprenons le plus d'installations, y compris des installations réalisées par des électriciens — parce que la règle a changé et qu'un type A, correct partout ailleurs dans le logement, ne suffit pas toujours ici.

Le calibre du disjoncteur, par puissance

3,2 kW (prise renforcée)

Courant
14 A
Disjoncteur
20 A
Courbe
C

3,7 kW monophasé

Courant
16 A
Disjoncteur
20 A
Courbe
C

7,4 kW monophasé

Courant
32 A
Disjoncteur
40 A
Courbe
C

11 kW triphasé

Courant
16 A
Disjoncteur
20 A tétrapolaire
Courbe
C

22 kW triphasé

Courant
32 A
Disjoncteur
40 A tétrapolaire
Courbe
C

La courbe C est la règle sur un point de charge : elle tolère l'appel de courant à l'amorçage sans déclencher, tout en protégeant le conducteur.

Différentiel : type A, type F ou type B ?

Un différentiel 30 mA dédié est obligatoire sur un circuit de recharge. La question n'est pas de savoir s'il en faut un, mais lequel — et c'est là que se concentrent les erreurs.

L'électronique de charge d'un véhicule peut générer des courants de défaut à composante continue. Or un différentiel de type AC — que l'on trouve encore dans beaucoup de tableaux anciens — ne les détecte tout simplement pas : en présence d'une composante continue, il peut rester aveugle à un défaut réel. Le type AC est donc à proscrire sur un point de charge, sans discussion.

Ce qui est admis :

  • Type A + détection 6 mA intégrée à la borne. La configuration la plus courante aujourd'hui : la plupart des bornes du marché embarquent un dispositif de détection du courant continu résiduel (RDC-DD, 6 mA). Dans ce cas, un différentiel 30 mA de type A en amont est conforme. C'est la solution la plus économique — encore faut-il vérifier sur la fiche technique de la borne que la détection 6 mA est bien présente.
  • Type F. Un type A renforcé, qui supporte mieux les courants à composantes fréquentielles. Bon compromis quand on veut de la marge sans passer au type B.
  • Type B. Obligatoire si la borne n'intègre pas la détection 6 mA. Il détecte les défauts continus lisses. Il coûte nettement plus cher — souvent 200 à 400 € contre 50 à 90 € pour un type A — ce qui explique que certains devis l'évitent en silence.

La conséquence financière est directe : une borne un peu moins chère mais dépourvue de détection 6 mA impose un différentiel de type B, et le surcoût dépasse largement l'économie faite sur la borne. C'est un arbitrage que nous posons explicitement au devis, parce qu'il est invisible pour le client autrement.

Le circuit dédié : ce que dit exactement la norme

La NF C 15-100, dans sa partie 7-722 consacrée à l'alimentation des véhicules électriques, impose qu'un point de charge soit alimenté par un circuit qui lui est propre, protégé individuellement, et qu'il dispose d'une protection différentielle 30 mA dédiée à ce seul circuit.

Concrètement, un point de charge ne partage rien : ni son disjoncteur, ni son différentiel, ni sa ligne. Ce n'est pas une exigence administrative. Un circuit qui débite son courant nominal pendant six à huit heures d'affilée n'a pas le même comportement thermique qu'un circuit prises, et le mutualiser revient à additionner deux régimes que rien ne coordonne.

Autres points contrôlés à la mise en service : la continuité de la terre et la valeur de la prise de terre, le déclenchement effectif du différentiel (mesuré, pas supposé), et le serrage des connexions au tableau — première cause d'échauffement sur ce type de circuit.

Une protection reste hors de ce périmètre mais mérite d'être posée en même temps : le parafoudre de tableau. Il ne remplace ni le disjoncteur ni le différentiel — il traite les surtensions transitoires, qui détruisent l'électronique de puissance de la borne sans jamais faire déclencher quoi que ce soit. Sur une ligne longue ou en zone orageuse, c'est l'assurance la moins chère du chantier.

Les défauts que nous trouvons le plus souvent en dépannage

Cette liste ne vient pas d'un manuel : ce sont les motifs récurrents des interventions sur des installations posées par d'autres.

  • Différentiel de type AC laissé en place sur un circuit de recharge — le défaut le plus fréquent, et le plus grave.
  • Type A sans vérifier que la borne intègre bien la détection 6 mA. Conforme dans un cas, non conforme dans l'autre, pour un tableau visuellement identique.
  • Point de charge greffé sur un circuit prises existant, parce que le câble était déjà là.
  • Section calculée sur l'intensité seule, sans tenir compte de la distance : la borne charge, mais les connexions chauffent.
  • Disjoncteur de calibre trop élevé par rapport à la section du câble — la protection ne protège alors plus le conducteur.
  • Déclenchements intempestifs mis sur le compte de la borne alors qu'ils viennent d'un différentiel partagé avec un autre usage.

Si votre installation présente l'un de ces points, une mise en conformité se règle en général en une intervention.

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Questions fréquentes

Quel disjoncteur pour une borne de recharge de 7 kW ?
Un disjoncteur 40 A courbe C, sur un circuit dédié, associé à un différentiel 30 mA de type A (si la borne intègre la détection 6 mA) ou de type B dans le cas contraire. Le câble associé est généralement du 6 mm² en cuivre pour une liaison courte.
Faut-il un différentiel de type A ou de type B pour une borne ?
Type A si la borne intègre un dispositif de détection du courant continu résiduel de 6 mA — c'est le cas de la plupart des modèles actuels. Type B si elle ne l'intègre pas. Le type AC est à proscrire dans tous les cas : il ne détecte pas les composantes continues de défaut.
Pourquoi un différentiel dédié à la borne ?
La NF C 15-100 §7-722 l'impose pour un point de charge. Au-delà de la conformité, un différentiel partagé provoque des déclenchements intempestifs difficiles à diagnostiquer : la recharge s'interrompt à cause d'un autre appareil du même circuit, et le défaut est presque toujours attribué à tort à la borne.
Un disjoncteur de calibre supérieur est-il plus sûr ?
Non, c'est l'inverse. Le disjoncteur protège le câble : un calibre supérieur à ce que la section supporte laisse le conducteur chauffer sans jamais déclencher. Le calibre se choisit en fonction du courant nominal de la borne et de la section réellement posée.
Combien coûte un différentiel de type B ?
Comptez 200 à 400 € contre 50 à 90 € pour un type A. C'est pourquoi le choix de la borne et celui de la protection doivent être faits ensemble : économiser sur une borne dépourvue de détection 6 mA coûte plus cher au tableau.

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