Borne 7 kW monophasé ou 11-22 kW triphasé ?
La puissance d'une borne n'est pas un curseur qu'on pousse au maximum. Elle est bornée par trois plafonds indépendants — votre type d'alimentation, la puissance de votre abonnement, et le chargeur embarqué de votre voiture — et c'est toujours le plus bas des trois qui gagne. Poser une borne 22 kW sur un véhicule qui accepte 7,4 kW ne fait rien gagner du tout, à part la facture.
Les trois plafonds qui décident à votre place
Avant toute discussion sur le modèle de borne, trois limites s'imposent, et la puissance réellement disponible sera la plus basse des trois :
- Le type d'alimentation de votre logement. En monophasé, le plafond physique est de 7,4 kW (32 A sous 230 V). Le triphasé ouvre 11 et 22 kW. Aucune borne ne contourne cette limite.
- La puissance de votre abonnement. Une borne 7,4 kW mobilise 32 A en continu. Sur un abonnement 9 kVA, il ne reste presque rien pour le reste du logement.
- Le chargeur embarqué de votre véhicule. C'est la limite la plus souvent ignorée, et la plus coûteuse : beaucoup de modèles plafonnent à 7,4 kW en courant alternatif, quelle que soit la borne en face.
Le point important : ces trois plafonds sont indépendants. Un triphasé 22 kW alimentant une voiture limitée à 7,4 kW chargera à 7,4 kW. La borne ne « pousse » rien — c'est le véhicule qui décide combien il prend.
Monophasé ou triphasé : comment le savoir, et ce que ça change
Ouvrez votre tableau électrique et regardez le disjoncteur de branchement (celui d'EDF/Enedis, en tête d'installation). Deux fils de puissance et un seul module : monophasé. Quatre fils et un bloc large : triphasé. Vous pouvez aussi le lire sur votre facture, à la ligne « puissance souscrite » : une valeur en kVA suivie de la mention mono ou tri.
Ce que le triphasé change réellement, au-delà de la puissance disponible, est un avantage que presque personne ne mentionne : il permet des longueurs de câble bien plus grandes à section égale. Le courant se répartit sur trois phases, donc la chute de tension est mécaniquement plus faible. Une liaison 11 kW triphasé en 2,5 mm² tient jusqu'à environ 47 m dans nos critères, là où une liaison 3,7 kW monophasé dans la même section plafonne vers 23 m.
Sur un chantier où la borne est loin du tableau — fond de jardin, garage séparé, parking en sous-sol — c'est souvent le triphasé qui rend le projet économiquement raisonnable, pas parce qu'il charge plus vite, mais parce qu'il évite de passer en 10 mm².
Le passage du monophasé au triphasé se demande à Enedis. Il est parfois gratuit, souvent facturé quelques centaines d'euros, et prend de plusieurs semaines à quelques mois. Ce n'est pertinent que si le besoin est réel : dans la majorité des maisons individuelles, 7,4 kW en monophasé suffisent largement.
Tableau de correspondance puissance / courant / protection
3,2 kW (prise renforcée)
- Alimentation
- Monophasé 230 V
- Courant
- 14 A
- Disjoncteur
- 20 A courbe C
- Section usuelle
- 3G2,5 mm²
- Recharge / heure
- ≈ 15-18 km
3,7 kW
- Alimentation
- Monophasé 230 V
- Courant
- 16 A
- Disjoncteur
- 20 A courbe C
- Section usuelle
- 3G2,5 mm²
- Recharge / heure
- ≈ 20 km
7,4 kW
- Alimentation
- Monophasé 230 V
- Courant
- 32 A
- Disjoncteur
- 40 A courbe C
- Section usuelle
- 3G6 mm²
- Recharge / heure
- ≈ 40 km
11 kW
- Alimentation
- Triphasé 400 V
- Courant
- 16 A
- Disjoncteur
- 20 A courbe C tétra
- Section usuelle
- 5G2,5 mm²
- Recharge / heure
- ≈ 60 km
22 kW
- Alimentation
- Triphasé 400 V
- Courant
- 32 A
- Disjoncteur
- 40 A courbe C tétra
- Section usuelle
- 5G6 mm²
- Recharge / heure
- ≈ 120 km
| Puissance | Alimentation | Courant | Disjoncteur | Section usuelle | Recharge / heure |
|---|---|---|---|---|---|
| 3,2 kW (prise renforcée) | Monophasé 230 V | 14 A | 20 A courbe C | 3G2,5 mm² | ≈ 15-18 km |
| 3,7 kW | Monophasé 230 V | 16 A | 20 A courbe C | 3G2,5 mm² | ≈ 20 km |
| 7,4 kW | Monophasé 230 V | 32 A | 40 A courbe C | 3G6 mm² | ≈ 40 km |
| 11 kW | Triphasé 400 V | 16 A | 20 A courbe C tétra | 5G2,5 mm² | ≈ 60 km |
| 22 kW | Triphasé 400 V | 32 A | 40 A courbe C tétra | 5G6 mm² | ≈ 120 km |
Sections indicatives pour une liaison courte en cuivre. Au-delà d'une vingtaine de mètres, la section se recalcule sur la chute de tension — voir le guide dédié.
Ce que votre véhicule accepte réellement en courant alternatif
Le chargeur embarqué (« on-board charger ») convertit le courant alternatif de la borne en courant continu pour la batterie. Sa puissance est fixée par le constructeur et ne se modifie pas. Les ordres de grandeur courants sur le marché français :
- 7,4 kW monophasé — le cas le plus fréquent : la plupart des citadines et compactes électriques, et la quasi-totalité des hybrides rechargeables (souvent limitées à 3,7 kW).
- 11 kW triphasé — la majorité des berlines et SUV électriques récents, dont les Tesla Model 3 et Y.
- 22 kW triphasé — devenu rare, souvent en option payante. Historiquement la Renault Zoé, quelques Smart et utilitaires.
Conséquence pratique : installer une borne 22 kW pour un véhicule limité à 11 kW ne réduit pas le temps de charge d'une seconde. Cela coûte plus cher en borne, en disjoncteur, en section de câble, et impose souvent une augmentation de la puissance souscrite. Nous demandons systématiquement le modèle et l'année du véhicule avant de chiffrer, pour cette raison précise.
Le piège de l'abonnement, et pourquoi le délestage le résout
Une borne 7,4 kW consomme autant que quatre plaques de cuisson à pleine puissance, pendant plusieurs heures. Sur un abonnement 9 kVA — le plus répandu en maison individuelle — il reste 1,6 kVA pour tout le reste. Le disjoncteur de branchement finit par sauter, en général le soir, quand la recharge, le four et le chauffe-eau coïncident.
Deux solutions, et la moins chère n'est pas celle qu'on croit :
- Augmenter la puissance souscrite (9 → 12 kVA par exemple). Simple, mais l'abonnement est majoré tous les mois, à vie.
- Poser un délestage dynamique. Un capteur mesure en temps réel la consommation totale du logement et module la puissance de la borne pour rester sous le plafond de l'abonnement. La voiture charge un peu moins vite quand le reste du logement consomme, et récupère la puissance dès que possible — la nuit, l'essentiel du temps.
Sur une recharge nocturne, le délestage est presque toujours le bon arbitrage : il coûte une fois, ne se voit pas à l'usage, et évite une majoration d'abonnement permanente. C'est le conseil que nous donnons le plus souvent, et celui qui fait baisser le devis.
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Donnez-nous la puissance visée et la distance entre votre tableau et l'emplacement de la borne : nous vous renvoyons le dimensionnement complet — section, protections, faisabilité sur votre abonnement — avec le devis.
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